Anne Hidalgo compte privatiser le stationnement à Paris

La maire de Paris dévoile dans une interview au « JDD » de ce dimanche 23 octobre son plan pour pallier les 300 millions d’euros de manque à gagner engendrés par la fraude au stationnement dans la capitale.

“Il n’y a aucune raison pour que ce soit les Parisiens qui, par leurs impôts locaux, paient l’entretien de ce service à la place des automobilistes.” Le message est clair. C’est une Anne Hidalgo décidée qui dévoile ce dimanche 23 octobre dans le JDD son plan stationnement pour mettre fin aux impayés des automobilistes. Il prévoit, entre autres, de confier la gérance du stationnement à un prestataire extérieur.

A Paris, ceux qui paient le stationnement rotatif ne seraient que 9%. En clair, 91% d’entre eux ne paieraient rien, ce qui représenterait pour la capitale un manque à gagner de 300 millions d’euros par an, “l’équivalent du coût annuel de fonctionnement de toutes les crèches parisiennes !”, pointe la maire de Paris, s’insurgeant :

“C’est de la fraude et c’est scandaleux !”

Des changements de législation 

Pour mener à bien ce projet, Anne Hidalgo entend profiter de deux nouvelles lois : la loi Maptam (modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) de 2014, qui confère aux collectivités la gérance totale de leur politique en matière de stationnement payant, ainsi que le projet de loi qui va réformer le statut de Paris, au Parlement en novembre, qui prévoit lui le transfert de compétences à la collectivité parisienne en matière de circulation et de stationnement.

A compter de 2018, la capitale récupèrera donc “la maîtrise complète du stationnement payant, du stationnement gênant et des fourrières”. Ainsi, les 1.600 agents de surveillance de Paris (ASP), appelés familièrement les « pervenches« , ne seront plus sous l’autorité du préfet de Paris mais sous celle du maire. Ils seront alors affectés aux missions prioritaires, à savoir la lutte contre les incivilités, la pollution ou encore la surveillance de bâtiments municipaux. Les rangs de la nouvelle Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP) atteindront ainsi un effectif de 3.500 agents.

Quid du stationnement payant ? “A partir du 1er janvier 2018, après une procédure d’appel d’offres, nous confierons le contrôle du stationnement à un prestataire extérieur, spécialisé dans cette activité”. Pas de crainte à avoir, selon Anne Hidalgo qui affirme que “la ville conservera la maîtrise totale de sa politique du stationnement”. A elle donc de fixer les prix et de percevoir les recettes issues du stationnement des Parisiens.

Une pétition déjà en ligne 

Les internautes se sont immédiatement emparés du projet de la maire de Paris pour le mettre à mal. Une pétition est déjà en ligne, et les réactions sur Twitter sont nombreuses. La coordinatrice du Parti de Gauche, Danielle Simonnet, a ainsi posté une vidéo dans laquelle elle s’oppose au projet de privatisation. 

A Paris comme ailleurs, refusons que la verbalisation du #stationnement soit privatisée ! Signez la pétition : https://t.co/O8EFMU0uMr pic.twitter.com/6EtxsX2QrO

— Simonnet Danielle (@Simonnet2) 21 octobre 2016

Sénateur et conseiller de l’opposition de Paris (UDI), Yves Pozzo di Borgo y est allé aussi de son commentaire sur le réseau social. De premières réactions qui, après celui sur la fermeture des voies sur berge, promettent un nouveau débat houleux en perspective à la mairie de Paris…

Hidalgo malgré les abus de la privatisation des fourriéres veut appliquer le méme systéme au stationnement! Bonjour les dégats !#JDD

— Yves Pozzo di Borgo (@YvesPDB) 23 octobre 2016

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