Des centaines de policiers se sont rassemblés dans la nuit à Evry (Essonne), pour faire part de leur colère au directeur de la police nationale qui a menacé de sanctions ceux qui avaient manifesté lundi soir à l’improviste sur les Champs-Elysées à Paris. Et le mouvement promet de s’amplifier…
Deuxième nuit debout pour les policiers en colère. Après avoir improvisé une manifestation surprise sur les Champs-Elysées à Paris lundi soir, quelque 400 d’entre eux se sont rassemblés dans la nuit de mardi à ce mercredi 19 octobre à Evry, dans l’Essonne, où le directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone recevait les chefs de brigade du département. Les agents ont attendu de pied ferme leur patron à la sortie de la réunion, huant le passage de sa voiture et appelant à sa démission.
A l’origine de ce nouvel accès d’exaspération, le fait que Jean-Marc Falcone a condamné mardi la manifestation nocturne à Paris, rappelant qu’elle est « contraire au devoir de réserve des policiers » et menaçant même de sanctions les manifestants. Le directeur de la police a ainsi annoncé que la « police des polices » (IGPN) enquêterait sur « les manquements individuels aux règles statutaires ». Les manifestants « fragilisent la police nationale », a-t-il encore attaqué.
Dans la soirée, lors de sa rencontre avec des syndicalistes et des responsables policiers du département, Jean-Marc Falcone a cependant mis de l’eau dans son vin et « appelé à l’apaisement ». « Je comprends l’émotion des fonctionnaires de police. Je suis venu leur dire le soutien de la hiérarchie » après l’agression de leurs collègues le 8 octobre à Viry-Châtillon (Essonne), a-t-il assuré, promettant de décider d’ici quinze jours « des suites à donner » à l’enquête de l’IGPN sur la manifestation « non autorisée ». « Je leur ai dit que je comptais sur eux », a-t-il ajouté, pour expliquer à leurs collègues « que maintenant ce mouvement de contestation doit s’arrêter ».
Mais l’appel de Falcone promet de rester lettre morte. Outre Evry, une soixantaine d’autres agents de police se sont à nouveau réunis devant l’hôpital Saint-Louis à Paris, où est soigné un agent grièvement blessé lors de l’attaque au cocktail molotov à Viry-Châtillon, qui a mis le feu aux poudres dans la profession. Une centaine de policiers se sont aussi rassemblés à bord de leurs véhicules de service sur le Vieux-Port à Marseille. Et ce mardi, un appel à une manifestation silencieuse le 26 octobre à Paris et en province a été lancé par les syndicats, qui réclament d’ici là une réunion « en urgence » avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Bernard Cazeneuve et Jean-Jacques Urvoas.
Powered by WPeMatico
This Post Has 0 Comments